Comprendre avant d'agir
La dette française : savoir ce que nous devons, pourquoi, et comment reprendre la maîtrise
La dette publique n'est pas une facture unique que l'on pourrait rattacher à une seule politique. Elle est le stock formé par l'accumulation des déficits de l'État, des collectivités, de la Sécurité sociale et des organismes publics. La réduire exige donc davantage qu'une coupe budgétaire : une stratégie qui agit à la fois sur les dépenses courantes, les recettes, la croissance, les actifs publics et la qualité de l'investissement.
Actualisation au premier trimestre 2026 : 3 536,1 Md€, soit 117,5 % du PIB. Les données trimestrielles peuvent être révisées lors de la publication des comptes annuels.
- Équilibrer les comptes
- Sécuriser les recettes
- Produire mieux
- Financer l'investissement
- Valoriser les actifs
- Évaluer publiquement
- Racheter ou refinancer sélectivement
01 — De quelle dette parle-t-on ?
Une dette publique consolidée, portée surtout par l'État
Au sens de Maastricht, la dette additionne les engagements financiers des administrations publiques envers les autres acteurs, après neutralisation des dettes qu'elles détiennent entre elles. Fin 2025, l'État porte 2 822,7 Md€, les organismes divers d'administration centrale 69,0 Md€, les collectivités 275,7 Md€ et les administrations de Sécurité sociale 293,1 Md€.
État
Déficits du budget de l'État et refinancement des emprunts arrivant à échéance.
Collectivités
Principalement des crédits de long terme, souvent liés à l'investissement local.
Sécurité sociale
Déficits sociaux repris ou financés notamment par la Cades et les organismes sociaux.
Organismes centraux
Établissements et organismes publics rattachés à l'administration centrale.
02 — Pourquoi s'est-elle accumulée ?
Des déficits récurrents, aggravés par les crises et la charge d'intérêts
Des dépenses durablement supérieures aux recettes
Chaque déficit annuel ajoute de nouveaux emprunts au stock existant. Lorsque ce déséquilibre devient permanent, la dette augmente même hors période de crise.
Crises financière, sanitaire et énergétique
La protection de l'économie et des ménages a évité des ruptures majeures, mais elle a aussi ajouté des dépenses exceptionnelles et réduit certaines recettes.
Intérêts et refinancement
Une dette élevée rend le budget plus sensible aux taux. Les intérêts réduisent la marge disponible et peuvent eux-mêmes nourrir le déficit.
Croissance et appareil productif insuffisants
Quand la production, l'emploi et les gains de productivité progressent trop lentement, les recettes et le PIB ne croissent pas assez vite pour stabiliser le ratio de dette.
03 — Notre doctrine
Ne plus emprunter pour différer les choix ; investir pour construire des capacités
La République du Bien Commun distingue trois usages. La dette de fonctionnement couvre un déséquilibre courant et doit être progressivement résorbée. La dette de crise protège temporairement la Nation et doit être identifiée et amortie. La dette d'investissement n'est acceptable que si elle finance un actif, une infrastructure ou une capacité productive durable, avec des résultats mesurés.
04 — Comment réduire la dette ?
Réduire d'abord le déficit, puis faire baisser durablement la dette rapportée au PIB
Levier 1 — L'État commence par lui-même
Maîtriser les dépenses de fonctionnement et renforcer le terrain
La maîtrise des comptes courants commence par les dépenses administratives, la communication institutionnelle, les réceptions, les déplacements, les cabinets, les structures redondantes et les dispositifs dont les résultats ne sont pas démontrés. Un audit général identifiera les doublons entre ministères, agences, opérateurs et niveaux territoriaux. Les organismes exerçant des fonctions comparables seront fusionnés ou supprimés.
Les départs volontaires, les non-remplacements ciblés et la mobilité interne permettront d'adapter progressivement les effectifs. Le nombre de ministères, de secrétariats d'État, de membres de cabinet et de hauts fonctionnaires sera encadré. Les rémunérations exceptionnelles, indemnités de départ injustifiées et « parachutes dorés » financés par l'argent public seront supprimés ou plafonnés.
La suppression des régions politiques s'accompagnera du transfert intégral de leurs compétences, personnels, contrats et ressources vers les départements. Les préfets de région conserveront la coordination stratégique de l'État, appuyés par des pôles régionaux d'expertise. Les métropoles conserveront les missions correspondant à leur réalité urbaine sans constituer un niveau supplémentaire. Aucun transfert ne sera décidé sans financement durable et vérifiable.
Une réforme constitutionnelle réduira le nombre de députés de 577 à 300 et celui des sénateurs de 348 à 300. Le cumul sera limité à un mandat national accompagné d'un seul mandat local non exécutif, ou à deux mandats locaux au maximum. L'accumulation de présidences, vice-présidences et fonctions exécutives indemnisées prendra fin.
Le Conseil d'État, la Cour des comptes et les chambres régionales participeront à l'effort par la mutualisation de leurs fonctions supports et la maîtrise de leurs frais de structure, sans réduire leur indépendance ni leur capacité de contrôle.
Les moyens seront redéployés vers la police, la gendarmerie, la justice, les douanes, les armées, les réserves, les pompiers, la santé, la prévention, les écoles, la cybersécurité et les services chargés de l'eau, des forêts, des lacs, des étangs, des océans, de la biodiversité et du patrimoine national.
Une partie des économies financera le Cloud national, l'interopérabilité, la carte biométrique et l'intelligence artificielle administrative. Ces outils réduiront les doubles saisies, les délais, les erreurs et les fraudes, tout en accompagnant le Compteur d'Heures Universel. Les décisions sensibles resteront contrôlables, explicables et contestables.
- Élargir et sécuriser les recettes. Réforme du financement social fondée sur la création de valeur, fiscalité simplifiée, lutte contre la fraude, le travail dissimulé, les fausses déclarations et l'évasion des assiettes.
- Produire mieux. Répondre aux besoins souverains de la France, remplacer les dépendances critiques et développer des capacités exportables, sans faire de l'allongement du travail une règle générale.
- Séparer budget courant et investissement stratégique. Le Fonds souverain national et le Fonds de résilience orientent l'épargne et les moyens publics vers des destinations précises ; ils ne servent pas à masquer les déficits de fonctionnement.
- Connaître et protéger les actifs de la Nation. Grand audit du patrimoine matériel, immatériel et écologique ; fin des ventes sans stratégie ; préférence au leasing ou à la valorisation quand ils préservent la propriété collective.
- Publier une trajectoire vérifiable. Solde courant, charge d'intérêts, dette brute, dette nette, actifs créés et résultats obtenus sont présentés chaque année aux citoyens.
- Gérer activement les échéances et les taux. Examiner ligne par ligne les emprunts les plus coûteux et les pics de remboursement. Un rachat anticipé ou un refinancement n'est engagé que si l'économie actualisée d'intérêts dépasse le prix de rachat, les coûts de transaction et le coût du nouveau financement.
Levier 3 — Produire mieux
Produire ce dont la France a besoin et ce qu'elle peut exporter
Décréter de « produire plus » serait un vœu pieux. Une entreprise ne produit pas par injonction : elle produit lorsqu'elle dispose de commandes, de compétences, d'énergie, de financements et de débouchés. La République du Bien Commun propose donc de produire mieux : fabriquer en France ce qui garantit nos souverainetés et transformer nos savoir-faire en capacités d'exportation.
L'État stratège identifiera, pour chaque souveraineté, les besoins essentiels, les capacités existantes, les dépendances critiques et les marchés sur lesquels la France peut devenir une référence. Les investissements et les aides publiques seront dirigés prioritairement vers l'énergie, l'eau, l'alimentation, la santé, les médicaments, la défense, l'industrie, le numérique, les infrastructures, les transports et les technologies environnementales.
La flexibilité n'est ni une règle absolue ni un moyen de contourner les acquis sociaux. Elle permet, dans un cadre négocié, volontaire, temporaire et protecteur, de répondre à une commande, de conquérir un marché ou de traverser une saison. La durée légale, les repos, la santé au travail, les majorations et la négociation collective demeurent le socle commun.
Le Compteur d'Heures Universel rend cette souplesse équilibrée : chaque heure accomplie est déclarée, rémunérée et inscrite dans le calcul des droits. Il rassemble les parcours malgré les changements d'employeur, de métier ou de statut, tout en permettant de contrôler les repos, les plafonds et les usages abusifs d'un dispositif temporaire.
La création de valeur ne repose plus seulement sur le travail humain. Les machines, les robots, les logiciels et l'intelligence artificielle participent directement à la production. La réforme du financement social doit donc faire contribuer progressivement la valeur et le chiffre d'affaires réalisés en France, avec l'impôt sur les bénéfices comme correcteur des différences de marge, plutôt que de continuer à concentrer les prélèvements sur les seuls salaires.
Produire mieux signifie enfin utiliser davantage les équipements existants lorsque les commandes le justifient, automatiser les tâches pénibles, former aux métiers nécessaires, remplacer les importations critiques et développer des solutions exportables. Neptune 2100, le Cloud national, la cybersécurité, les technologies médicales et l'adaptation climatique illustrent cette stratégie.
Levier 7 — Agir sur le coût et les échéances
Réduire le coût de la dette sans confondre refinancement, transformation et annulation
La dette ne se réduit pas par une opération unique. Chaque ligne doit être examinée selon son détenteur, son taux, son prix de marché, sa durée restante et les conséquences d'une modification. Trois voies différentes doivent être comparées.
05 — La trajectoire
Une transformation en quatre temps, vérifiée chaque année
Connaître et arrêter les fuites
Audit des dépenses, engagements, actifs, agences, subventions, niches, doublons et échéances de dette. Encadrement immédiat des dépenses accessoires et préparation des réformes constitutionnelle et territoriale.
Réduire le coût des structures
Transferts vers les départements, fusion d'agences, réduction des cabinets et des fonctions exécutives, mobilité et départs volontaires. Les coûts de transition sont déduits des économies annoncées.
Investir pour mieux administrer
Les économies financent le Cloud national, la biométrie, l'interopérabilité et l'intelligence artificielle. Les personnels sont redéployés vers les missions de protection, de contrôle et de terrain.
Réduire le déficit et la dette
Retour progressif du budget courant vers l'équilibre, production nationale renforcée, aides conditionnées à leurs résultats et gestion active des taux et des échéances.
La règle d'utilisation des économies
Chaque économie nette finance d'abord les coûts de transition et l'équilibre des compétences transférées, puis la transformation numérique souveraine et les services essentiels. Le solde réduit le déficit et, lorsque cela est avantageux, le coût ou le montant de la dette.
Le potentiel global se compte en plusieurs dizaines de milliards d'euros annuels. Le montant définitif sera établi après audit, sans additionner deux fois la même économie et après déduction des investissements, transferts et coûts de transformation.
Les garde-fous
Ni austérité aveugle, ni dette sans limite
Droits et cohésion protégés
La réduction ne repose pas sur l'abandon des protections essentielles ni sur le transfert silencieux de la charge vers les ménages.
Hypothèses séparées des faits
Les objectifs de déficit, de croissance et de taux sont publiés comme scénarios. Ils sont révisés si la réalité s'en écarte.
Investissements évalués
Les aides et projets sont conditionnés, suivis et récupérables lorsque les engagements n'ont pas été respectés.
Le véritable choix n'oppose pas la dépense à l'économie. Il oppose la dette qui reporte les problèmes à l'investissement qui augmente notre capacité à les résoudre.
La trajectoire chiffrée définitive devra être simulée et auditée avec des économistes, la Banque de France, les administrations et les citoyens contributeurs. Le cap, lui, est clair : arrêter les déficits permanents, retrouver de la production, préserver nos actifs et transmettre davantage de capacités que de charges.
Transparence des données
Sources et chiffres vérifiables
Les montants présentés distinguent la dette de Maastricht de l'ensemble des administrations publiques et la dette négociable gérée par l'Agence France Trésor. Les publications officielles sont accessibles directement ci-dessous.
Références consultées le 28 août 2026. Les données restent susceptibles d'être révisées par les organismes producteurs.