Préserver et reconstruire notre modèle de santé
La particularité de la richesse française réside dans son modèle de santé : chacun doit pouvoir être soigné dignement, quels que soient son revenu, son âge ou son territoire. Ce modèle ne doit plus reposer sur l’héroïsme des soignants, mais sur une organisation préventive, territoriale, humaine, transparente et durablement financée.
La santé est le premier Bien Commun. Lorsqu’elle vacille, tout le reste vacille.
Faire de la prévention la première médecine
La prévention commencera dès l’enfance et accompagnera chaque âge de la vie : vaccinations, dépistages, santé cardiovasculaire, nutrition, santé reproductive, santé mentale, prévention des addictions, activité physique adaptée et prévention de la perte d’autonomie.
École et jeunesse
Repérage précoce, santé psychologique, nutrition, activité physique, prévention des addictions et éducation à la santé.
Sport et culture
Les associations sportives et culturelles deviennent des partenaires de la santé physique, mentale, relationnelle et de la lutte contre l’isolement.
Une prévention reconnue
Les engagements utiles d’accompagnement et d’éducation à la santé pourront être reconnus dans le Compteur d’Heures Universel.
Remettre un soignant à portée de vie
La proximité ne doit pas reposer sur un médecin isolé. Elle associe médecins généralistes, infirmiers, dentistes, pharmaciens, sages-femmes, kinésithérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux et spécialistes en consultation avancée.
Les Maisons de Santé Républicaines seront des organisations de soins, de prévention et de formation, pas seulement de nouveaux bâtiments. Elles accueilleront les jeunes professionnels dans des équipes stables et coordonnées.
Développer la médecine mobile et la médecine de rue
Le soin doit aller vers ceux qui ne peuvent plus aller vers lui : personnes sans domicile, personnes âgées ou handicapées, quartiers éloignés, villages isolés, travailleurs précaires, jeunes en rupture et populations difficiles d’accès.
Des équipes mobiles réuniront médecine générale, soins infirmiers, santé mentale, soins dentaires, pharmacie et accompagnement social. Les départements organiseront, les communes faciliteront et l’État garantira l’égalité.
Refaire la carte sanitaire des territoires
La carte hospitalière sera reconstruite à partir des besoins et des temps réels d’accès aux soins, et non uniquement de la rentabilité des établissements. Chaque bassin de vie sera audité : urgences, SAMU et SMUR, pompiers, transports sanitaires, médecine libérale, pharmacies, cabinets dentaires, maisons de santé, maternité, psychiatrie, vieillissement, variations saisonnières et risques locaux.
Une chaîne de secours garantie
Alerte, premier diagnostic, intervention, stabilisation, orientation, transport sécurisé et suivi après l’hospitalisation.
Aucune fermeture sans solution
Toute transformation devra publier ses conséquences sur les temps d’accès, les effectifs, les transports et les capacités de remplacement.
Les usagers associés
Les professionnels et représentants des patients participeront aux audits et à l’évaluation des parcours territoriaux.
Aucun territoire abandonné, aucun patient laissé seul devant l’organisation, aucune fermeture sans solution opérationnelle préalable.
Un engagement particulier pour les Outre-mer et les territoires insulaires
L’éloignement, l’insularité et la faible densité ne doivent jamais devenir une perte de chance. Chaque territoire disposera de capacités locales permanentes, de stocks stratégiques, d’équipes mobiles, de rotations de spécialistes et d’une télémédecine reliée aux centres de référence.
Les évacuations sanitaires aériennes et maritimes seront organisées avec les hôpitaux, le SAMU, les pompiers, la sécurité civile et, lorsque nécessaire, les forces armées. Les plans sanitaires intégreront cyclones, séismes, épidémies et ruptures logistiques.
Rendre du temps aux professionnels
La carte biométrique, le Cloud national et le Compteur d’Heures Universel permettront une meilleure visibilité des actes, des parcours, du temps consacré aux soins et des coûts administratifs. Ils devront supprimer les doubles saisies, les justificatifs répétés et les contrôles contradictoires.
Les données médicales, administratives et d’identité resteront séparées, chiffrées, tracées et accessibles uniquement aux professionnels autorisés. Elles ne pourront jamais être vendues ni utilisées pour conditionner l’accès aux soins.
Réformer la Sécurité sociale et l’Assurance maladie
L’infrastructure commune permettra de simplifier les caisses, de mesurer leurs coûts de gestion, de réduire les traitements redondants et de redéployer davantage de personnels vers l’accompagnement des assurés, le contrôle utile et l’accès effectif aux droits.
Financer différemment l’hôpital public et le secteur privé
L’hôpital public assume les urgences permanentes, les soins lourds, la formation, la recherche, la précarité, les crises et le maintien de services indispensables. Il ne peut pas être financé comme un établissement sélectionnant uniquement les activités rentables.
Hôpital public
Financement par mission, population, risques territoriaux, qualité, recherche, formation et coûts réels documentés. L’activité demeure un outil de mesure, non une obligation de rentabilité.
Professionnels libéraux
Reconnaître les contraintes réelles de l’exercice, la permanence des soins, la prévention et les engagements territoriaux.
Cliniques et grands groupes
Transparence sur les financements publics, coûts, marges, investissements, activités assurées et dividendes distribués.
Corriger la T2A et prendre en compte l’inflation
La tarification à l’activité permet de mesurer et rémunérer certains actes, mais ses tarifs ne couvrent pas toujours l’évolution réelle des coûts. Elle sera conservée lorsqu’elle est pertinente, sans gouverner seule l’hôpital public.
Les tarifs devront prendre en compte, sur des bases vérifiables, les salaires et gardes, l’énergie, les médicaments, les dispositifs médicaux, l’alimentation, les bâtiments, la cybersécurité, les assurances et les obligations réglementaires. Les établissements devront également justifier leurs coûts et leurs gains d’efficacité.
Responsabiliser les coûts et les dépassements d’honoraires
Préserver la liberté d’exercice ne signifie pas accepter l’opacité. Les dépassements devront être annoncés clairement avant les soins, publiés et contrôlés. Les urgences et les parcours essentiels ne pourront dépendre de la capacité du patient à payer un supplément.
Les financements publics ne devront pas compenser des coûts pour permettre ensuite des distributions excessives de dividendes. Les pratiques manifestement disproportionnées feront l’objet d’un contrôle renforcé, tandis que les coûts professionnels objectivement démontrés devront être reconnus dans les tarifs conventionnés.
Connaître le coût des soins sans culpabiliser le malade
Chaque usager pourra consulter le coût total de ses soins, la part financée par l’Assurance maladie, celle de sa complémentaire, les autres financements publics, les dépassements d’honoraires et son reste à charge réel.
Un relevé annuel pédagogique rendra visible la solidarité nationale et permettra de signaler une erreur, un doublon ou un acte inconnu. Une version papier restera disponible.
Informer sans culpabiliser, responsabiliser sans renoncer à soigner, rendre visible la solidarité pour mieux la préserver.
Créer une centrale nationale d’achat hospitalière
Une centrale nationale négociera les volumes et les prix des médicaments, équipements, consommables et services communs. Elle publiera les prix négociés, comparera les marchés français et européens, favorisera les productions stratégiques françaises et européennes et constituera des stocks de sécurité.
Elle évitera cependant toute dépendance à un fournisseur unique et conservera une marge locale pour les besoins particuliers.
Rationaliser les agences sanitaires
Les ARS et les agences de santé seront auditées, regroupées ou fusionnées lorsque leurs missions se chevauchent. Les responsabilités deviendront identifiables et les doublons administratifs seront supprimés.
Les fonctions indépendantes de sécurité du médicament, pharmacovigilance, évaluation scientifique, contrôle de la qualité et gestion des alertes seront préservées. Moins de structures ne doit jamais signifier moins de vigilance.
Reconstruire la psychiatrie et la santé mentale
La santé mentale deviendra un pilier de la politique sanitaire : psychologues dans les parcours scolaires, équipes mobiles, psychiatrie territoriale, accompagnement des familles et prévention continue.
Les établissements psychiatriques recevront de nouvelles capacités d’accueil, avec des places adaptées aux enfants et adolescents, des solutions de crise rapides, des structures intermédiaires, un suivi après hospitalisation et des personnels formés en nombre suffisant.
Préparer la médecine du XXIe siècle
Les fonds souverains soutiendront la robotique médicale, l’imagerie avancée, les prothèses intelligentes, les biotechnologies, les thérapies innovantes, l’intelligence artificielle clinique contrôlée, la cybersécurité hospitalière et la production pharmaceutique stratégique.
Le Cloud national permettra la recherche et l’évaluation scientifique sans abandonner les données de santé à des infrastructures étrangères.
Vieillesse, aidants et nouvelles unités spécialisées
La branche vieillesse développera des unités spécialisées associant gériatres, infirmiers, psychologues, kinésithérapeutes, ergothérapeutes et accompagnants sociaux. Elles organiseront le maintien de l’autonomie, l’adaptation du logement, la nutrition, l’activité physique, le dépistage cognitif et la lutte contre l’isolement.
Le Compteur d’Heures Universel reconnaîtra le temps des aidants. La coordination entre domicile, résidence, établissement et hôpital évitera les ruptures de prise en charge.
Une gouvernance claire et vérifiable
L’État fixe la stratégie, garantit l’égalité et finance. Les départements coordonnent prévention, médico-social et proximité. Les communes apportent leur soutien logistique et humain. Les professionnels gouvernent le soin. Les usagers participent à l’évaluation.
Les résultats seront publiés : temps d’accès, délais de rendez-vous, renoncements aux soins, capacités psychiatriques, disponibilité des professionnels, coûts administratifs, reste à charge, prévention, satisfaction des patients et continuité des parcours.