Souveraineté 01 — Décider sans subir
La souveraineté énergétique
L’énergie n’est pas un secteur parmi d’autres : elle conditionne tous les autres. Sans énergie maîtrisée, une Nation ne peut durablement produire, soigner, transporter, protéger, communiquer ni assurer la continuité de ses territoires. La République du Bien Commun place donc la souveraineté énergétique au commencement de sa reconstruction.
La chaîne de mise en œuvre
De la dépendance à la souveraineté énergétique
Une politique énergétique crédible relie chaque décision à son exécution, à ses effets mesurables et à un contrôle public régulier.
Mesurer les besoins, les dépendances, l’état du parc, du réseau, des compétences et des chaînes d’approvisionnement.
Fixer un mix national pilotable et décarboné : nucléaire, hydraulique, renouvelables adaptées, éolien domestique et de bureau.
Planifier les capacités, moderniser le réseau, former, commander en France et financer les projets par leur valeur démontrée.
Sécuriser les prix et l’approvisionnement, décarboner l’économie, recréer des filières et réduire les importations critiques.
Publier chaque année les coûts complets, la disponibilité, les émissions, les importations et l’avancement des capacités.
01 — Pourquoi l’énergie vient en premier
Ce que la France ne maîtrise pas, elle finit par le subir
La souveraineté énergétique n’est ni l’autarcie ni le refus des coopérations européennes. Elle est la capacité de choisir nos sources, de garantir nos besoins essentiels, de supporter un choc extérieur et de négocier sans dépendance excessive. Elle relie directement les souverainetés industrielle, alimentaire, numérique, sanitaire, militaire, territoriale et climatique.
02 — Le socle stratégique
Reconstruire une capacité nationale de long terme
EDF, bras stratégique de la Nation
EDF redevient une entreprise nationale intégrée, capable d’investir, d’entretenir les réseaux et de préparer l’avenir. La puissance publique ne se contente plus de compenser les factures : elle reconstruit les moyens de production et de sécurité.
Deux EPR pour rouvrir le temps long
Le livre propose le lancement maîtrisé de deux EPR : un signal industriel, un socle électrique pilotable et décarboné, et le temps nécessaire pour former, rechercher et restructurer la filière. Le nucléaire n’est pas une religion ; c’est un outil de liberté.
Sécuriser l’existant
La maintenance, la sûreté, la prolongation techniquement justifiée des installations et l’anticipation du renouvellement deviennent des priorités continues, sous contrôle indépendant.
Hydroélectricité et territoires
Les barrages sont modernisés et les microcentrales pertinentes peuvent être réactivées. Une vallée qui produit une part de son énergie renforce aussi sa résilience économique et territoriale.
03 — La production répartie
Chaque lieu de puissance peut contribuer
La souveraineté ne se joue pas seulement dans les grandes centrales. Elle se construit aussi sur les toits, les façades, les parkings, les exploitations agricoles, les bâtiments publics, les hôpitaux, les logements sociaux, les bureaux et les territoires ultramarins.
Solaire utile
Priorité aux surfaces déjà artificialisées et aux installations proches des besoins : toitures, ombrières, bâtiments tertiaires et équipements publics.
Petit éolien domestique et tertiaire
Maisons, immeubles, bureaux, exploitations et zones d’activité pourront associer petit éolien, notamment vertical lorsque le site s’y prête, solaire, stockage et gestion intelligente.
Stockage et réseaux
La production locale doit être accompagnée de solutions de stockage, de pilotage et de réseaux modernisés afin que l’énergie produite corresponde réellement aux usages.
04 — Décarboner par la valeur créée
Sortir de la logique de la prime permanente
La décarbonation ne doit pas devenir une nouvelle accumulation d’aides publiques, de garanties et d’effets d’aubaine. Elle doit créer une valeur énergétique, économique, industrielle ou patrimoniale vérifiable.
Les ménages, entreprises et bâtiments tertiaires pourront mobiliser l’autofinancement, le crédit, le leasing énergétique, l’investissement collectif ou des contrats rémunérés par les économies effectivement obtenues. Les objectifs seront progressifs et laisseront le choix des moyens : isolation, récupération de chaleur, solaire, petit éolien, stockage, modernisation des équipements ou mutualisation locale.
L’État fixe la direction, mesure les résultats, sécurise les règles et développe les filières stratégiques françaises. Il ne finance pas artificiellement chaque équipement. La dépense publique se concentre sur les infrastructures souveraines, la recherche, la formation et les capacités que le marché ne peut construire seul.
05 — Le continuum énergétique
Produire, isoler, stocker, former et réindustrialiser
Réduire la dépendance au gaz
La France organise une trajectoire décroissante de dépendance et développe l’hydrogène national lorsqu’il apporte une solution industrielle ou de stockage pertinente.
Ne plus gaspiller
L’isolation et l’éco-construction réduisent les besoins à la source. L’énergie la plus sûre est aussi celle que l’on ne perd plus.
Former une Nation énergétique
Campus, filières, reconversions et reconnaissance des métiers reconstruisent les savoirs et les gestes nécessaires sur plusieurs générations.
Maîtriser les chaînes critiques
Cuivre, terres rares, batteries, transformateurs et électrolyseurs doivent faire l’objet d’une stratégie d’approvisionnement, de recyclage et de réindustrialisation.
06 — Une trajectoire vérifiable
Agir maintenant, construire sur vingt ans
Connaître et sécuriser
Audit des capacités, dépendances, réseaux, compétences, matériaux critiques et besoins essentiels ; plan de maintenance et de sûreté ; clarification du rôle stratégique d’EDF.
Relancer et déployer
Lancement des deux EPR, modernisation hydroélectrique, production répartie sur les sites pertinents, stockage, isolation prioritaire et montée en puissance des formations.
Retrouver la maîtrise
Nouvelles capacités pilotables, réseaux résilients, chaînes industrielles reconstruites, dépendance gazière réduite et décarbonation de l’industrie mesurée.
Les résultats à rendre publics
Une souveraineté qui se mesure
Sécurité
Capacité pilotable disponible, continuité des réseaux, marges en période de pointe et résistance aux crises.
Indépendance
Dépendance aux importations, maîtrise des équipements critiques, compétences disponibles et part de production nationale.
Justice et climat
Prix pour les ménages et l’industrie, précarité énergétique, émissions évitées et efficacité réelle des investissements.
La maîtrise de l’énergie est le premier acte d’un pays qui choisit de ne plus trembler.
La République du Bien Commun ne promet ni une énergie gratuite ni une technologie providentielle. Elle propose une discipline nationale : choisir un ensemble cohérent de moyens, mesurer ce qu’ils produisent, former ceux qui les feront fonctionner et transmettre à la génération suivante davantage de capacités que de dépendances.